Édito de Mme. Hu Shuli : il faut éviter de faire de la Mer de Chine méridionale une autre région des Balkans

Grâce à l’attitude calme et retenue de la partie chinoise, la crise de l’île Huangyan, qui était au bord de la guerre, montre des signes d’apaisement. Face aux provocations incessantes des Philippines et à la grande pression intérieure demandant de punir ce voisin, au lieu d’aggraver la situation, le gouvernement chinois a réussi à la contrôler par des mesures diplomatiques, politiques et économiques.

Les actions des Philippines prêtent à penser que le dirigeant de ce pays espère vivement une guerre : il a l’intention de faire croire à la communauté internationale que ce faible pays asiatique est malmené par la Chine, puissant pays de la région, afin d’obtenir une position favorable dans la construction du nouvel ordre en Mer de Chine méridionale en profitant de la sympathie internationale. Dans la politique internationale, ce genre de tactique n’est pas rare. La Chine doit bien réfléchir à la réalité et au futur de la Mer de Chine méridionale et s’inspirer de cette confrontation.

Premièrement, la situation en Mer de Chine méridionale est très compliquée. Il faut reconnaître que la Chine n’a pas réalisé une juridiction nationale effective dans certaines îles souveraines. Et maintenant, comment répondre à la tactique du grignotage de certains pays voisins en Mer de Chine méridionale est un grand défi auquel la Chine aura à faire face à long terme.

Deuxièmement, il faut jouer le rôle dirigeant en profitant des nombreux outils stratégiques pour construire le nouvel ordre en Mer de Chine méridionale. Du point de vue géopolitique, cette région est un « shatterbelt » comme les Balkans. Eviter de faire de la Mer de Chine méridionale une autre région des Balkans est une mission stratégique très importante pour la Chine au 21ème siècle. Le plus grand pays de la région doit présenter activement des propositions constructives pour résoudre enfin les litiges territoriaux.

Troisièmement, il faut établir une image de grand pays de type nouveau à travers la solution des litiges. Lors de la construction du nouvel ordre en Mer de Chine méridionale, il faut non seulement sauvegarder fermement les intérêts nationaux, mais aussi garantir le caractère public de cette zone maritime en tant que voie de navigation internationale. La solution pacifique des litiges en Mer de Chine méridionale montre que la Chine, qui a la plus grande puissance militaire dans la région, s’est efforcée de transformer sa puissance dure en puissance douce.

Quatrièmement, il ne faut pas suspendre la coopération avec l’ASEAN à cause des litiges en Mer de Chine méridionale ; mais face aux provocations déraisonnables, la Chine doit savoir faire payer à l’adversaire le prix économique nécessaire. L’interdépendance économique n’est pas capable de dissiper radicalement les litiges en Mer de Chine méridionale, mais les relations économiques de plus en plus étroites entre la Chine et les pays membres de l’ASEAN aident à réduire sensiblement les conflits. Parce que la force économique joue toujours un rôle prioritaire dans les concurrences stratégiques entre les différents pays.

Les litiges en Mer de Chine méridionale atteindront probablement un pic dans les 5 ou 10 années à venir, parce que les pays voisins ont tous l’intention d’obtenir plus d’intérêts réels avant que la Chine ait enfin établi une supériorité absolue dans sa région. Pour mieux répondre aux provocations, la Chine doit se garder de toute impétuosité en faisant preuve de retenue et élaborer un plan à long terme.

Nouveau siècle publié le 21 mai, No.20 2012

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