Etudiant chinois à l'étranger

L’ascension des universités en Chine auprès des étudiants chinois (2/2)

L’ascension des universités locales fera-t-elle revenir les étudiants chinois ? 

La fuite des cerveaux chinois

« Les jeunes qui réussissent ont une excellente mémoire et une capacité à se conformer au système, mais leur qualité première est leur aptitude à recevoir les ordres et à être micro-gérés. » Jiang Xuegin, Chercheur à l’université d’Harvard sur les nouvelles méthodes d’éducation mondiales.

Le système d’éducation chinois fonctionnait bien à l’époque de l’économie des ateliers de misère (« sweatshops »), écrit Jiang Xueqin, ancien étudiant de Yale et chercheur à l’Université d’Harvard, pionnier d’un nouveau mode d’enseignement dans les écoles chinoises. Mais compte tenu de la transition de la Chine vers une économie de la consommation dominée par les cols blancs, le système éducatif chinois devra également évoluer, et cela malgré le manque de postes de cadres. Le système d’enseignement supérieur ne s’adapte tout simplement pas assez rapidement.

Pour les étudiants chinois les plus brillants, étudier à l’étranger offre plus de liberté et d’opportunités d’obtenir un poste de cadre ou de manager dans d’autres pays. Alors que le nombre d’étudiants revenus en Chine après leurs études à l’étranger a augmenté, ceux qui ne rentrent pas restent nombreux : entre 1978 et 2006, environ 70 % des étudiants partis à l’étranger ne sont pas revenus.

« Les employeurs chinois savent exactement ce qu’ils veulent – quelqu’un qui fera ce qu’on lui a dit de faire, et pour une faible rémunération », rapporte Ivy Wang à la BBC News, étudiante en Master au Royaume-Uni. Parfois, les employeurs ne considèrent même pas les candidats qui ont étudié à l’étranger, car ils ne sont pas aussi souples qu’ils le voudraient. Dans ce cas, pour quelles raisons les meilleurs étudiants reviendraient-ils en Chine ?

La Chine a certes réussi à se hisser au rang de deuxième économie mondiale en dépit de cette fuite des cerveaux, mais cela aura de plus en plus d’impact sur l’innovation, le nouveau moteur du développement économique chinois. L’innovation prend une place grandissante sur les marchés chinois et devient nécessaire à la compétitivité des entreprises chinoises à l’international.

De plus, la plupart des leaders économiques et politiques occidentaux (particulièrement américains) ne comprennent pas la Chine. Les étudiants chinois expatriés sont les mieux placés pour améliorer la compréhension mutuelle entre la Chine et les pays étrangers. Cependant, pour que la Chine puisse en bénéficier, il faudrait que les étudiants reviennent en Chine. En définitive, si la Chine réforme son système d’enseignement, davantage d’étudiants occidentaux seront tentés par les universités chinoises, participant ainsi au renforcement des liens entre l’Est et l’Ouest.

La montée des universités chinoises influencera-t-elle les décisions de la génération Y concernant leur éducation ?

Pour résumé, oui, mais cela prendra du temps. Compte tenu de la renaissance économique chinoise, le nombre d’établissements d’enseignement supérieur a augmenté sur une courte période, comme le montre le graphique ci-dessous.

Etudiants chinois en Chine

GRAPHIQUE Reproduit par Daxue Conseil selon un article du Wall Street Journal, chiffres tirés de l’Annuaire de Statistiques chinoises 2015, figurant dans le rapport de référencement sur les échanges internationaux éducatifs.

Les universités chinoises ayant fait leur entrée sur la scène internationale ne représentent qu’une infime partie de l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur chinois. La mise en place d’un plus grand nombre d’universités chinoises plus en conformité avec les normes mondiales prendra non seulement du temps, mais nécessitera aussi un changement des pratiques éducatives chinoises — la méthode d’apprentissage mécanique du « par cœur », en particulier, devrait être remplacée par une pédagogie davantage basée sur le raisonnement critique. En attendant, la génération Y chinoise continuera de se tourner vers l’étranger, et pour ceux qui ne pourront accéder ni à un enseignement à l’étranger ni à l’un des établissements d’élite en Chine, ils prendront le risque d’entrer sur un marché sans y être préparés.

En définitive, deux questions sous-jacentes doivent être résolues pour changer la perception des étudiants à l’égard de l’enseignement chinois :

  1. Tout d’abord, un plus grand nombre d’universités chinoises, en dehors des meilleurs établissements, devraient offrir plus de liberté académique et adopter un modèle d’éducation basé sur la pensée critique plutôt que sur l’apprentissage mécanique et la mémoire.
  1. Ensuite, il faudrait créer plus d’opportunités d’emplois de cadres, pour répondre à la demande liée à la croissance économique chinoise qui a eu lieu ces des dix dernières années.

Lorsque ces deux problématiques seront résolues, il est fort probable que les établissements locaux connaitront un regain d’intérêt de la part de la génération Y, et que la perspective d’étudier en Chine retiendra certains étudiants de partir à l’étranger, y compris les plus brillants d’entre eux.

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